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Le retour de l'évitant (1) : un lundi matin en consultation

Après une rupture, une fuite, un silence radio. Après trois jours, six mois, deux ans. Il ou elle revient. Cela paraît exceptionnel les premières fois. Après, c'est un cycle qu'on connaît par cœur.

Dans la relation, dans la communication, dans les parages… Après une rupture, une fuite, un sabotage, un silence radio. Après trois jours, deux semaines, six mois, deux ans. Qu'importe. Cela paraît exceptionnel, les premières fois. Après, c'est un cycle qu'on connaît par cœur.

Moi, j'appelle ça un lundi matin en consultation.

Parfois il revient de lui-même, d'un coup. Parfois il saisit une opportunité, un message, et teste la température. Il n'assume pas le retour, il accepte juste la communication. Là, sans être là. Il ne propose jamais rien de concret : « on pourrait se voir, si t'as envie, sans prise de tête ». Une proposition évasive, conditionnelle, qui évite tout engagement et qui renvoie discrètement la responsabilité, et le risque, sur l'autre.

C'est flou, chargé d'émotions. Et à chaque fois, sans continuité : il évite soigneusement de reparler de ce qui fâche. Le moment de fuite, de sabotage, de crise, de rupture du lien, de ghosting… comme si ce moment-là n'avait jamais existé. Ou alors, si l'autre s'est depuis engagé ailleurs, il osera parler d'amour, de son échec, de sa culpabilité.

Ce que tu vois

Il revient. Après la rupture, le silence, la fuite, le sabotage. Il accepte de répondre, ou revient de lui-même à la communication. Le simple fait de ce retour a un effet immédiat : un soulagement, une réouverture, une reprise de l'espoir. Une remise en marche de quelque chose qui s'était figé dans l'incohérence de « la crise ». Ton dernier souvenir, c'était cette rupture de lien. Et là, il est là.

L'évasif, le lien entre les deux

Sans explication, sans positionnement clair. Pas d'engagement, pas de « on parle de nous ». Souvent, il arrive avec ses propres problèmes : relationnels, financiers, de santé, de travail. Des sujets qui occupent l'espace et déplacent l'attention de l'engagement émotionnel qu'il y a entre vous. Tu te retrouves en position d'écoute, de soutien, de réconfort. Sans t'en rendre compte, tu redeviens disponible pour lui. C'est déjà une façon de contrôler la dynamique.

Parfois tu restes là. Des jours, des semaines, des mois… des années. L'espoir d'une suite fait le reste. Ce maintien de l'ambiguïté permet un retour contrôlé et conditionnel.

Ce qui est vraiment là

Il revient pour fuir quelque chose : une autre relation, l'ennui, la solitude, une image de lui-même qu'il n'aime pas. Pour trouver du réconfort, ou une solution à ses propres problèmes. Et souvent, pour l'idée d'aimer, ou simplement de relationner.

Tu deviens un objet relationnel : là pour remplir un besoin, combler un vide. Pas pour ce que tu es vraiment.

Tu peux être anxieux et vivre ça au contact d'un évitant. Tu peux être évitant toi-même, et vivre ça au contact d'un autre évitant. La vraie question : une fois que tu as repéré cette dynamique, as-tu encore envie de la vivre ? Et si oui, pourquoi ?

Tu peux venir en parler en consultation. Pour mieux le vivre, mais aussi pour voir comment t'en sortir.

Merci de votre lecture.

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